• La chevaucheuse de dragon - extrait

    Coucou !

    Ça fait un petit moment que j'ai annoncé écrire un roman et ça continue ! Pour le moment j'en suis à peu près à 230 pages et mon scénario commence à prendre quelques libertés (d'où la nécessité d'une grosse relecture une fois le tout terminé ^^') .  Contrairement à une BD ou à un jeu vidéo, il est dur de partager l'avancée d'un roman (surtout sans spoiler), je me suis donc dit que je vous mettrais le prologue ici (corrigé pour l'occasion) et que je présenterais les personnages en sélectionnant quelques passages plus tard. N'hésitez pas à donner votre avis et j'espère capter votre attention avec ce début ^w^.

     

    Bonne lecture !

     

    Au passage, je vous met une illustration d'Hécate

     

     

        Les Terres sombres étaient, comme leur nom indiquait, sombres. Pas une once de vie semblait pouvoir y survivre, pas un brin d'herbe, pas une seule créature. C'était une vaste étendue de terre desséchée, plongée dans une nuit éternelle.
    Pourtant, ça et là, des marais et autres oasis apparaissaient. De fragiles écosystèmes proliféraient sans pour autant s'étendre, comme si leur frontière était clairement définie par quelque force supérieure. 

        Hécate survolait ces lieux singuliers, un carnet dans une main et un crayon dans l'autre. Elle avait, en quelques mois, cartographié presque tout le continent et tentait de répertorier les rares êtres vivants, animaux ou végétaux. La tâche était, en réalité, aisée puisqu'il existait déjà diverses cartes et encyclopédies dédiées à la faune et à la flore locale, mais elle ne les utilisait que pour confirmer ses résultats. Le véritable but de ces expéditions était de s'entraîner avant le grand départ.
        C'était une chevaucheuse de dragon, une élue destinée à parcourir le monde et à écrire son Histoire. Ce n'était pas une destinée qu'elle avait choisi mais elle lui convenait. La jeune femme aimait explorer et n'avait qu'une hâte : découvrir les continents voisins avec Brasier, son dragon.
    Ce dernier, remarquant sa rêverie, émit un petit grognement pour ramener son attention sur leur exercice. Ils étaient nés ensemble et, à défaut de pouvoir dialoguer avec des mots, partageaient leur ressenti.

        Hécate baissa les yeux sur son carnet, puis sur la terre qui défilait sous eux. Elle caressa les écailles noires de Brasier et ils bifurquèrent doucement vers un arbre solitaire, noir et sec. Une fois posée au sol, la jeune femme commença un croquis rapide. Elle songea aux dessins qu'elle avait vu dans les encyclopédies. Ils représentaient des arbres d'autres continents, colorés, fertiles, fournis en feuilles et fruits. Elle leva la tête vers le ciel sombre et une pointe d'impatience la traversa. Elle avait hâte de partir, de découvrir le jour et ses soleils, leur chaleur... Le dragon derrière elle poussa un long soupir. Il partageait son désir et lui fit comprendre par un sentiment d’espoir  mêlé à son impatience qu'ils pouvaient, là, de suite, prendre leur envol et traverser l'océan. Mais, comme à chaque fois, elle refusa. Le Conseil lui avait dit qu'elle serait bientôt prête et qu'il lui fallait encore attendre. Alors elle attendrait. On lui avait toujours appris que la patience était récompensée et elle aimait penser qu’à ce degré là, elle serait très largement récompensée.

        Le jeune femme se pencha au pied de l’arbre, cherchant le moindre signe de vie animale. Elle y trouva quelques insectes mais en avait déjà observé de semblable quelques heures auparavant. Elle nota tout de même l’endroit où elle avait trouvé ceux-là et se redressa.

        Peut-être qu’en haut des branches…

        Un regard suffit entre Brasier et elle pour qu’il baisse son aile droite afin de laisser sa coéquipière y grimper. Une fois qu’Hécate y fut bien accrochée, il la déploya jusqu’à atteindre le sommet de l’arbre. La membrane, bien que d’apparence très fine, était assez solide pour supporter bien plus que la frêle jeune femme. Elle s’assit au bord de l’aile, laissant ses pieds pendre dans le vide pour examiner les branches de près.

        Des petits champignons poussaient ça et là, tendus vers le ciel sur leur pied si mince qu’Hécate se demandait comment il pouvait supporter le poids de leur corolle retournée. C’était comme si la plante toute entière tentait de toucher les nuages en s’étirant à son maximum. La jeune femme en fit des croquis rapides. Elle avait lu quelques informations à leur sujet mais ne s’en souvenait plus très bien. Il lui semblait qu’il s’agissait de perce-ciels et qu’ils délivraient une substance particulière lorsqu’ils étaient exposés à la lumière.

        Sentant la fatigue émanant de Brasier, elle se remit en position pour qu’il puisse replier son aile mais une silhouette au loin attira son attention.

        Elle se laissa glisser le long de la membrane pour atterrir sur le dos du dragon, s’accrochant à l’une des longues et épaisses épines qui l’ornaient pour s’y caler. Ce dernier replia son aile et se tourna également vers l’endroit où se trouvait la silhouette. Sa vue bien plus développée ne lui fut pas d’une grande utilité quant à l’identification de la chose, ce qui provoqua une légère nervosité. L’animal avait passé de longues nuits à côté de sa maîtresse lorsqu’elle feuilletait les encyclopédies. Il avait retenu les illustrations mais ne comprenait pas les symboles. Cette créature était peut-être décrite dans les encyclopédies mais il n’en avait jamais vu de représentation. Grondant, il s’aplatit en position défensive.
        Hécate, quant à elle, sortit une paire de jumelles et son angoisse s’ajouta à celle de son compagnon. Elle n’avait aucune idée de ce que pouvait bien être cette créature.

        Elle sentit que Brasier était partagé entre le désir de fuir pour la mettre en sécurité et celui d’attaquer la créature et, ainsi, éliminer le danger potentiel. C’était une réaction totalement contradictoire avec la mission d’un chevaucheur de dragon qui se devait d’examiner, d’explorer l’inconnu et de tout relater de la manière la plus neutre possible. Calmant l’animal en lui caressant les écailles, elle réfléchit rapidement à un plan d’action. Son devoir était de répertorier cette créature, de l’étudier, et d’enrichir les connaissances actuelles du monde, même si elle n’était pas officiellement prête.

        La chose s’avançait vers eux très rapidement et même sans jumelles, Hécate pouvait deviner sa forme humanoïde. Elle savait que certaines créatures pouvaient, pour chasser, se dresser sur deux pattes mais aucune ne ressemblait à ce qu’elle voyait au loin. Elle hésita à ordonner à Brasier de décoller, ne sachant s’ils allaient se faire attaquer ou non.
    Un coup d’oeil à la sacoche pendue à sa ceinture lui donna une idée. Elle glissa rapidement jusqu’au sol, s’aidant des épines du dragon, et lui fit signe de rétrécir.
        Brasier hésita mais s’exécuta sous l’insistance de sa partenaire. Il rapetissa jusqu’à pouvoir tenir sur les épaules de la jeune femme. Cette dernière plongea sa main dans sa sacoche et en sortit un petit pot de poudre d’iris. Elle l’ouvrit et prit une grosse poignée.

        Elle ferma les yeux et s’attela à faire le vide dans son esprit. Les émotions paniquées que Brasier ne pouvait contenir coulaient à travers leur lien empathique et elle dû faire un effort pour les refouler, lui envoyant son calme au fur et à mesure qu’elle en gagnait. Tentant de ne pas s’inquiéter quant à la distance entre eux et la chose, elle visualisa la poudre magique et concentra son pouvoir. L’opération, lente en général, s’effectua plus rapidement que d’habitude. Elle pouvait même sentir bien plus de pouvoir l’habiter mais tâcha de ne pas s’attarder dessus et de se concentrer sur sa tâche. Le sort qu’elle exécutait faisait partie des plus simples, mais, comme tous, il nécessitait toute son attention.

        Elle inspira, expira, et ferma le poing pour ne laisser couler qu’un léger filet de poudre. Elle tourna lentement sur elle même et ne rouvrit les yeux qu’une fois le cercle de poudre autour d’eux fermé.

        La créature était quasiment sur eux. Elle avait ralenti, observant la jeune femme effectuer son sortilège de protection. Elle se déplaçait quasiment à croupis et sa maigreur extrême faisait saillir ses os sous une peau si noire qu’elle semblait absorber toute lumière. Elle était bien plus grande qu’Hécate et ses mouvements semblaient calculés afin de n’utiliser que l’énergie qui lui était nécessaire, lui donnant des airs de prédateur affamé. Brasier gronda sur l’épaule de la jeune femme et la créature inspira difficilement, braquant ses yeux jaunes sur le dragon. Bien que protégée, Hécate frissonna. Elle aurait dû, depuis le début, prendre son carnet et noter ses observations mais elle était comme hypnotisée par ces deux lueurs jaunes brillant comme deux lanternes. Il lui semblait percevoir une intelligence redoutable dans ces yeux. Une intelligence bien supérieure à tous les animaux qu’elle avait vus jusque là. Une horrible pensée lui traversa l’esprit. Et si ce n’était pas un animal ?

        Les Terres Sombres n’étaient habitée que par les bruxas, seul peuple capable de se développer dans l’obscurité omniprésente et dont les pouvoirs étaient suffisamment puissants pour survivre à la faune et la flore locale. Hécate avait appris à reconnaître les autres peuples qui habitaient le reste du monde, mais là encore, ce qui se trouvait devant elle ne ressemblait à rien de connu.

        — Qu’est-ce que tu es ? Tenta t’elle quand même.

        La chose se figea et planta ses yeux dérangeants dans ceux quasiment blancs de la jeune femme.

        Elle avança une main aux longs doigts osseux et le cercle protégeant la chevaucheuse et son dragon émit une vive lueur bleue, matérialisant un bouclier. Sa lumière s’intensifia jusqu’à devenir quasi aveuglante lorsque la créature entra en contact avec.

        Hécate ferma les yeux. Elle sentait que le cercle gagnait en puissance, nourrit par un pouvoir qui grandissait de plus en plus en elle. Elle sentait également qu’elle s’affaiblissait. Ses forces semblaient fuir pour alimenter le bouclier. Elle n’avait jamais été aussi faible et puissante à la fois. Brasier s’agitait et battait des ailes. Elle sentait sa frayeur faisant écho à sa propre panique. Elle perçut également une autre émotion, comme si on venait d’ouvrir un nouveau chemin dans son esprit. Du calme. Un sentiment de contrôle. Mais également de la culpabilité. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ?

        Elle n’eut pas le temps d’y réfléchir. Ses genoux cédèrent et elle brisa le cercle dans sa chute. L’impression de puissance ne s’arrêta pas pour autant, tout comme celle que sa vie lui échappait.

        Deux mains la saisirent fermement et, lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle croisa le regard jaune de la chose. Son visage était à quelques centimètres du sien et il semblait avoir bien plus de force à présent. Sa peau s’était éclaircie jusqu’à devenir grise et couvrait un peu plus de chair.

        Le visage se rapprocha encore et la jeune femme gémit en protestant. La créature aspirait ses forces ! Elle se nourrissait d’elle ! Hécate perçut à nouveau un sentiment de culpabilité et comprit qu’elle venait de la chose. De la culpabilité mais aussi une détermination qui supplantait tout. Elle ne voulait pas tuer mais c’était nécessaire.

        Un rugissement féroce la tira de son empathie avec le monstre. Rassemblant ses forces, Brasier avait pris une taille gigantesque et fondit sur la créature pour la décapiter d’un coup de crocs. Cette dernière se pencha juste à temps et plaqua Hécate contre elle, l’utilisant comme un bouclier. La jeune femme tenta de se dégager mais elle était si faible qu’elle pouvait à peine bouger. Elle grouillait toujours d’une puissance qu’elle n’avait jamais senti auparavant. Le pouvoir semblait remplacer son énergie vitale, bouillonnant.

        Collée contre la chose, elle ferma les yeux et inspira lentement. L’odeur âcre qui s’en dégageai l’aida à se concentrer sur sa cible et, lorsqu’elle expira, elle s’efforça de lui renvoyer toute la magie dont elle était capable.

        La créature sursauta et la repoussa en poussant un cri. Hécate roula au sol et eut une vision plus complète de ce qu’elle était à présent. Son apparence plus robuste lui confirma qu’elle avait bien repris des forces et elle constata alors qu’il s’agissait d’un homme.

        Elle n’eut pas le temps de l’observer plus. Les griffes de Brasier se refermèrent sur elle, creusant de larges sillons dans le sol, et il décolla, l’emportant le plus loin possible de leur agresseur.

        Hécate laissa échapper un immense soupir de soulagement qui fit écho à celui du dragon. Elle jeta un dernier regard à la créature au loin qui se tenait à présent bien droite et perçut une flopée d’émotions se bousculant mutuellement. L’une d’elles surplombait néanmoins toutes les autres : le sentiment de liberté.

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 25 Janvier à 16:29

    J'ai toujours eut énormément de mal avec roman, mais tu as bien choisi l'extrais et l'illustration est superbe! ^^ C'est très joliment écris (une légère impression de répétition à propos du fameux cercle mais sinon c'est fluide et agréable)!

      • Jeudi 25 Janvier à 16:40

        Merci (ça motive !) ^w^ je note pour la répétition du cercle ^^ ça passera sans doute dans la correction générale, en tout cas merci de l'avoir fait remarquer (je connais tellement mon texte que je serais capable de ne pas remarquer qu'il manque des mots en le relisant ^^' d'où l'importance de faire relire par des personnes extérieures au bout d'un moment)

    2
    Jeudi 25 Janvier à 17:08

    Yep, c'est bien d'avoir l'avis de proches comme de gens qu'on ne connais pas trop. Ca permet d'avoir des points de vues différents. ^^ (tout comme il est bon d'avoir l'avis d'un pro comme d'un amateur je pense)

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